Au fait, qu’appelle-t-on contenu ?

Rubbish basket full of white crumpled papersProduction de contenu, du contenu web, des contenus, contenu de marque (brand content), contenu de site… Avec ses divers aspects, le terme « contenu » est devenu une grosse patate chaude que l’on met à toutes les sauces. Or, ce sac qui ressemble à un fourre-tout « contient » plusieurs définitions.
Un contenu : c’est ce que contient quelque chose, ce que l’on trouve à l’intérieur.

Petit rappel

Il existe deux grandes familles :

– d’une part les contenus physiques, matériels. Par exemple, le bric-à-brac qui s’agglutine dans un sac à main… ou encore les ingrédients alimentaires d’un produit fini, d’une recette ;

– de l’autre, les éléments virtuels, immatériels, appelés aussi intellectuels. Par exemple, la teneur d’un propos, « le fond de la pensée », l’idée, le sujet. C’est ce que l’on exprime.

Régulièrement sont confondus le « contenu » et le « moyen », c’est-à-dire la réflexion, le sens du message et le transmetteur. Tout comme persiste la confusion entre les notions d’information et de communication (le message VS son vecteur, le fait de le diffuser).

Sur le plan numérique, et particulièrement sur Internet, il s’agit de tout élément que l’on peut lire, entendre, voir (séparément ou ensemble). Il s’agit d’une donnée, d’une info, sous la forme d’un visuel, de chiffres, de mots, d’histoire, etc.  Il y a vingt ans, en parlant de multimédia, on commençait à parler de « contenu », mais pas réellement du fond. Je me souviens qu’il y a quelques années, le mot TIC revenait dans toutes les bouches comme un tic. Et en tant que rédactrice, je me demandais quid du fond ? Je parlais du contenu au sens d’information : c’était bien beau de créer des moyens magiques de communiquer encore plus et encore plus vite, mais pour dire quoi ? Parce que, oui, quand on veut diffuser du contenu (« produire » du contenu pour parler vulgairement), il faut quand même avoir quelque chose à dire…

Remplissage

Le terme contenu est apparu assez vite, mais pas forcément au sens où je l’entendais. En effet, ce terme très utilisé aujourd’hui est interprété plutôt comme un outil (qui va principalement servir à vendre, ou à provoquer une affluence). On va ainsi parler de vidéo, de son, de bloc de texte, de photo, de musique, de BD, d’animation, d’image (surtout d’image) afin d’étoffer une plateforme de diffusion (site, blog, appli).
Il faut remplir à tout prix, apporter du contenu, produire. Et sans cesse, comme si l’accumulation allait changer le monde. Un smartphone contient des applications ; une application contient un média ou un jeu ; ce média va contenir de l’information, le jeu va contenir une histoire, des fonctions, etc. Ainsi, dans ce vaste domaine du contenu, avons-nous parfois affaire à des poupées russes.

On entend partout « le contenu est roi », « un site sans contenu est un site mort ». Certes. Mais après s’être écrié « il faut mettre du contenu ! », la question principale est « quel contenu va-t-on mettre ? ».

C’est là que l’on sous-entend « page, rubrique, image, vidéo, texte, musique »… Donc des outils, des vecteurs, des moyens, mais pas forcément le message lui-même. Oui, les oxymores sont à la mode : après « développement durable », on peut voir passer des « contenus vides ». Mais revenons à nos moutons (de Panurge ou pas).

À ce stade, vous avez compris que je suis particulièrement à cheval sur la valeur d’un contenu.

Information

Nous retrouvons ici la notion de fond et de forme, auquel j’ajouterais la présentation (certains confondent forme et présentation, j’y reviendrai ultérieurement).
Tout ceci demande de bien faire la distinction, de connaître la définition de chacun de ces concepts.

Bref, si créer un site ou un blog est sympathique, voire nécessaire, la question du contenu commence par la question du contenu en tant que « fond », que message. Ce n’est pas pour rien que la première démarche de la stratégie (de contenu évidemment), est celle de définir sa ligne éditoriale ! Le temps doit être pris pour bien réfléchir à son positionnement, à ce que l’on va pouvoir dire, à ce que l’on va vouloir dire, et comment.

Au siècle dernier, Souchon chantait « j’veux du cuir », aujourd’hui, Google impose « j’veux du contenu ». Pas le même air… Moins romantique, l’ère du numérique ?

PS : n’oublions pas la troisième définition du verbe contenir, qui touche notamment la sphère de l’émotion. C’est le fait de retenir quelque chose : contenir ses larmes, sa joie, sa colère, etc. Mais aussi, un barrage qui contient l’eau d’une vallée.

+Anne Ropion

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Une réflexion au sujet de « Au fait, qu’appelle-t-on contenu ? »

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