Faut-il bannir les articles qui comportent des fautes ?

Humeur du jour…

Les fautes de grammaire me hérissent le poilAfin de parvenir à retrouver un peu de qualité dans toutes ces informations en ligne qui nous sont données à lire, je me demande s’il ne faudrait tout simplement pas éviter de partager les articles qui présentent des fautes. Peu importe si je passe pour une radicale, alors que je suis simplement exigeante en matière de qualité, sur le plan de la forme. Ce qui, après tout, paraît normal professionnellement parlant.

Pourquoi ce billet d’humeur ?
Avant de tweeter un article, je prends le temps de le lire jusqu’au bout, pour m’assurer que le fond correspond bien au titre, qu’il est informatif, utile, et donc intéressant à partager, que l’on soit d’accord ou non avec ce qui est dit. Or, à chaque fois, je finis le poil hérissé.

Faut-il bannir les articles qui comportent des fautes ?

La question est certes un peu provocatrice, mais son application pousserait peut-être leurs auteurs à faire plus attention… Même si une coquille peut arriver ici ou là, les rédacteurs professionnels, journalistes, écrivains, ont beaucoup moins d’excuses. Or, c’est de plus en plus souvent que des erreurs, principalement grammaticales, mais parfois aussi de syntaxe, me sautent aux yeux (et je ne parle pas des règles typographiques !). Ma lecture s’en trouve alors incommodée.

Si ce n’était qu’une fois de temps en temps, je n’aurais pas de raison d’en faire un fromage. Mais hélas, c’est plusieurs fois par jour, à chaque article que je lis ! Parfois même déjà dans le titre… Vous comprendrez aisément que cela devienne pénible à la longue.

La conséquence est que j’en arrive à avoir honte de relayer un texte dont je ne cautionne pas la forme. J’hésite de plus en plus à le partager. J’aurais l’impression à mon tour de ne pas tenir compte de mes followers.

Respect du lecteur !

Car c’est la moindre des choses de respecter la personne à qui l’on s’adresse. C’est aussi et surtout la moindre des choses de le faire quand on est rédacteur Web (je parle des professionnels, y compris les journalistes).

Les billets ou articles dits « invités », quant à eux, sont le fruit d’un auteur dont ce n’est pas forcément le métier et qui est davantage focalisé sur le sujet qu’il écrit. Ce qui peut se comprendre. Mais alors l’équipe rédactionnelle d’une plate-forme numérique devrait prendre le temps de vérifier – comme il y avait des correcteurs autrefois –, avant de valider une mise en ligne. Je dis ça aussi parce que cela peut ternir l’image à la fois de l’auteur occasionnel et du support qui le publie.

Ainsi ai-je lu ce matin un article que j’ai trouvé intéressant. Publié sur le Journal du Net, l’auteur de cet article, qui a un autre métier que celui de rédacteur, y tient visiblement une chronique. Malgré la longueur de son propos, je n’y ai trouvé que très peu d’erreurs : « … son prédécesseur immédiat, Reginal Jones, partit à la retraite, n’en avait pas moins été loué« .
Nous avons affaire ici à une peccadille, qui peut aisément se produire. Un peu plus loin, on peut lire aussi « Ceux-ci peuvent être classé en deux catégories« .
Certes, c’est peu par rapport à la moyenne. Néanmoins pourquoi personne ne relit ?

« PAS LE TEMPS » ou « ON NE VOIT PAS »

Il est donc très rare aujourd’hui d’avoir une lecture agréable. Les raisons invoquées alors sont souvent les mêmes : j’entends ici ou là que l’on ne voit rien, ou encore que l’on n’a pas le temps de se relire plusieurs fois. Cela a le don de m’énerver et de m’attrister (dans l’ordre), car j’aime la qualité à tous les niveaux.
Est-ce demander la Lune que de revendiquer un texte bien traité et relu ? Il s’avère, qu’au-delà du manque de temps, le fait de ne plus arriver à faire attention soit aussi une cause, non négligeable, de cet état de fait particulièrement récurrent sur Internet.
L’attention est donc, en plus des connaissances des règles de français, au cœur d’une qualité rédactionnelle en faillite.

Exemple

Ce matin, j’ai eu envie de partager un article au sujet d’un réseau de producteurs locaux qui met en place un drive. Mais rien que la première phrase du chapeau a stoppé net mon enthousiasme : Le « produire local et le consommer local » ont la côte.
La phrase en elle-même n’est pas des plus heureuses en termes de syntaxe. Les guillemets auraient dû être placés entre « produire local » puis entre « consommer local » (pour les puristes, on devrait dire « localement »…).

Mais c’est la confusion entre côte et cote qui me pousse à écrire ce billet d’humeur ; la goutte qui fait déborder le vase, en quelque sorte. Car, même si la côte bretonne est bien belle, je vous l’accorde, la valeur que l’on donne à une action (dans les deux sens), fait qu’elle a la cote ou non…

Bref, j’aurais été plus heureuse de lire : La démarche de produire et de consommer localement a de plus en plus la cote.

J’ai donc renoncé à tweeter cet article d’un journal local, d’autant que dans le corps du texte, il y a également deux autres fautes…

Peut-être, allez-vous penser que je chinoise. Sauf qu’à force de voir passer ces maladresses – et croyez-moi, c’est de plus en plus souvent – cela devient lassant. Je ne vois pas pourquoi on accepterait un tel relâchement. L’exemple ci-dessus est tiré d’un journal, donc a priori signé par des professionnels ; il ne s’agit pas d’un blog amateur.
Mais j’aurais pu prendre des centaines d’exemples, quelle que soit la nature des sites qui diffusent du contenu d’ailleurs.
Et je ne parle pas des courriers que l’on reçoit… Je l’évoquais déjà en 2011 dans mon ancien blog.

En ce qui concerne les plus jeunes, j’ai eu la surprise hier de découvrir que les nouveaux étudiants de l’Université de Bretagne Sud ont eu droit à une dictée en arrivant. Elle comportait seulement trois phrases, mais il serait intéressant d’en connaître les résultats…

Je ne m’attends pas à ce que tout le monde respecte la langue française, après tout, certains n’en ont peut-être pas envie ou bien ont oublié leurs acquis (si toutefois ils en eurent). Mais commencer par respecter les lecteurs serait une attitude vraiment sympa.

Bon, maintenant, vous êtes prévenus, vous saurez pourquoi je risque peut-être de tweeter de moins en moins… 😉

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Une réflexion au sujet de « Faut-il bannir les articles qui comportent des fautes ? »

  1. Philippe Déjardin

    Je partage ce point de vue à tel point que je me suis fait traité de nazi en soulignant avec humour certaines fautes dans les twitts. Mais je continue à le faire car, tout comme sur les ondes les fautes doivent être corrigées, il faut aussi le signaler sur les réseaux sociaux.

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Commentaires

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