Archives pour la catégorie Correction

En rédaction, la ponctuation, c’est juste la respiration !

ocean-857560_960_720La ponctuation est comme un phare, un repère qui rassure et guide.
Elle accompagne votre lecture et permet de mettre le ton. Bien utilisée, elle permet surtout un confort de lecture. Elle rend « tout simplement » le texte vivant.

Le flux des phrases est ainsi structuré. On n’y pense jamais, car les signes de ponctuation sont la plupart du temps tapés machinalement, mais c’est juste magique !

Évidemment, il est préférable de Lire la suite

Correction post-rédaction : les 3V

La méthode des 3V

La post-rédaction recouvre toute la phase se situant après votre rédaction (print ou web).
Vous êtes satisfait, vous avez pondu un texte et n’avez qu’une hâte : le diffuser !
Mais avez-vous pensé à tout ?

La post-rédaction est une dernière étape à considérer avec sérieux. Il ne s’agit pas simplement de se relire à la va-vite, en diagonale, même si c’est déjà pas mal.

Prendre quelques minutes supplémentaires pour ne rien négliger, permet :
–  d’offrir de la qualité ;
–  de montrer qu’on a fait l’effort de respecter les futurs lecteurs ;
–  d’être satisfait d’un travail correctement effectué, d’être satisfait de soi.

Après les 3C, pensez aux 3V

Pour toute rédaction, vous avez sans doute appliqué les fameux 3C : court, clair concis.
Concernant maintenant la post-rédaction, voici les 3V Lire la suite

Du fact checking au meaning checking ?

Après le ‘fact checking’ pour la politique, devra-t-on faire du ‘meaning checking’ pour la presse ?

800px-Il_faut_se_méfier_des_motsLe titre bilingue de ce billet semble radical. Pourtant la question peut se poser. Comment le journalisme a-t-il pu en arriver à de si grossières erreurs ?

Je ne parle pas des éternelles coquilles, mais de la façon de s’exprimer et d’utiliser les mots correctement.

On rencontre parfois du n’importe quoi !

Des titres à la mitraille

Il y a d’une part le vocabulaire employé, lequel est souvent source de confusion ; il y a d’autre part l’orthographe, la syntaxe, la grammaire, parfois malmenés… 

Depuis quelques années, en effet, nous assistons à Lire la suite

Qualité d’un contenu : attention aux fautes !

UnknownJe voudrais donner mon avis sur un billet que je ne peux décemment pas laisser passer tant celui-ci m’a contrariée. Je veux parler de la qualité rédactionnelle, la vraie, pas celle focalisée sur les mots-clés en vue d’un référencement et autre trafic juteux.

Revenons aux fondamentaux

Un contenu de qualité, on ne le répètera jamais assez, passe par trois éléments : la valeur du propos (ce que l’on dit), la forme de l’écriture (comment on le dit), et enfin le respect des règles (grammaire, syntaxe, orthographe, typographie).
Ce sont les trois axes principaux : le fond – la forme – la présentation.

Ensuite, et seulement ensuite, il se trouve que pour arriver à partager avec le plus grand nombre, via Internet, le message en question doit aussi répondre à quelques critères imposés par les moteurs de recherche, pieds et points liés aux algorithmes, devenus malheureusement les arbitres du trafic.

Comme nous le savons, ce double aspect a apporté une complexité à l’écriture web. Néanmoins, on a tendance à l’oublier, et c’est bien là où le bât blesse : un contenu bien référencé et cliqué des milliers de fois, ne veut pas dire forcément contenu de qualité. Ce n’est pas parce que vous êtes le premier sur Google que vous êtes le meilleur ; je dirais même plus, attention à la réputation sur la durée.

EXEMPLE

Ce matin, je suis tombée sur un billet édité par webmarketing-com.com intitulé « Comment être embauché comme rédacteur web ?« 

On voit tout de suite que ce « contenu » a été structuré en priorité pour un bon référencement (ce qui peut se comprendre, particulièrement au niveau marketing).

De part son sujet, qui me touche de près, j’ai assez vite décidé de le tweeter. Mais avant, comme je le fais systématiquement pour tous les articles, je me suis mise à le lire…

Le problème est qu’il est truffé de fautes, principalement de grammaire…
Voici le peu que j’ai relevé (et je ne parle pas du style, au point qu’on dirait la rédaction d’un robot étranger) :

  • §1, ligne 11 (avant-dernière) : « aujourd’hui prioritaires » (sujet = marketing et rédaction)
  • §2, titre : « Toujours plus d’offres d’emploi »
  • §2, ligne 2 : « les postes peuvent être sensiblement différents« 
  • §3, ligne 1 : « quelle que soit la position«  (au lieu de quel que soit)
  • §4, titre : « Comment contrôler que votre contenu a fait mouche ? »
  • §4, ligne 8, (7ème puce) : Twitter
  • §5, ligne 1 : « Faites-vous »
  • §6, (Q3), titre : « Quels contenus lisez-vous ? »
  • §6, (Q3), ligne 3 : « les articles que vous avez lus dernièrement »
  • §7, (Q4), ligne 9 : « que Google établit« 
  • §9, (Q6), ligne 1 : « avec des exemples d’écrits tout à fait pertinents« 
  • §10, « Entretien », ligne 6 : « des autres candidats que nous avons rencontrés« 
  • §10, avant-dernière ligne : « J’apprécierais » (oui, ce doit être au conditionnel)

Il y en a d’autres, cette liste n’est pas exhaustive…
Et je ne parle pas des majuscules, des virgules, des accents, des traits d’union ou carrément des mots, oubliés ici ou là.

Il est beaucoup question d’algorithme, de page rank, mais la qualité d’une rédaction dite « web » ne se trouve pas seulement dans les mathématiques. Tout comme une rédaction classique, elle se situe d’abord sur le fond (la qualité du message en tant qu’intérêt) ET sur l’orthographe et la grammaire.

Conclusion

J’ai subi une lecture désagréable. Résultat : ce billet est certes bien référencé, mais  je n’ai pas eu envie de partager ce contenu (si ce n’est bien sûr pour vous en parler ici), car la qualité rédactionnelle laisse trop à désirer, et particulièrement le nombre de fautes.

Dans sa forme rédactionnelle, ce billet que j’ai pris en exemple, est imbuvable.
Bien sûr que l’on peut tous faire des coquilles, moi la première. Mais nous avons affaire ici à un cas de figure extrême, sinon je ne me serais pas permise. Alors que l’auteur du billet écrit lui-même très justement qu’il faut se relire…

Afin d’offrir un confort de lecture, la structure d’un article, découpée de manière équilibrée, ne suffit pas. La présentation – qui, ne l’oublions pas, est d’abord visuelle –, passe également par le respect des règles de la langue dans laquelle on rédige, règles typographiques incluses.

Je suis désolée, mais en ce qui me concerne, la qualité d’un rédacteur web se reconnaît aussi par la maîtrise de l’écrit, ne serait-ce que par respect pour le lecteur.
Alors à la question « comment être embauché comme rédacteur web ? » : sûrement pas en faisant des fautes…

+Anne Ropion

Économiser de l’argent ou gagner de l’argent ?

ID-100144092Qu’est-ce qu’une formule juste ?
C’est une formule qui dit bien ce qu’elle veut dire, qui utilise donc les bons mots.

Or, force est de constater que dans ce flux gigantesque et continu d’information, ce n’est pas toujours le cas. C’est même l’ère de la sémantique chaotique.

Voici un exemple récent de titre rédigé avec une tournure de phrase dont le sens n’a pas de sens (sic).


« Économiser de l’argent » n’a pas le même sens que « gagner de l’argent »

Ce week-end, est sortie une info fort sympathique selon laquelle un adolescent de 14 ans a découvert que certaines polices de caractères imprimées demandaient moins d’encre, ce que tout bon graphiste print sait déjà.

MAIS le titre formulé par Slate.fr et relayé un peu partout, est trompeur :
« Le gouvernement américain pourrait gagner des fortunes en changeant de police de caractères« .
Le verbe juste est « économiser ».
Faire gagner, non ! Faire économiser, oui !
On a pu lire également : « Le changement de police d’écriture peut rapporter des millions« .

Ce qui est donc totalement faux. Pas de dollars en plus (à moins de faire marcher la planche à billets), mais des économies, ça oui. Et pas qu’un peu. Cette idée de choisir des polices moins buveuses d’encre, est tellement évidente qu’elle devrait d’ailleurs être largement appliquée depuis longtemps dans le cadre de la consommation de cartouches.

Beaucoup d’autres sites Web ont relayé cette info sans sourciller, sans se poser la question. En tant que rédactrice Web, je suis avant tout soucieuse du bon français. Je fais partie de ceux qui pensent et soutiennent mordicus que ce n’est pas parce qu’un hypothétique référencement pousse à faire une fixette sur les algorithmes et les mots-clés, qu’il faut en oublier sa langue.

Seuls, quelques sites ont réussi à se démarquer correctement en titrant par exemple :
« … la police de caractères pourrait réduire les coûts d’impression« . L’idée de réduire les coûts est bien meilleure dans ce contexte. Et surtout plus logique !
La presse, quant à elle, a en général évité de tomber dans le panneau (L’ExpressLe Point, etc.).

économie ≠ gain

En plus, au départ, « économiser » veut dire, épargner, mettre de côté.
Quand on économise, on ne gagne pas plus, c’est simplement que l’on dépense moins…
« Gagner » (ici, gagner de l’argent) veut dire faire un profit financier.

Note : le verbe économiser n’est même pas forcément le plus juste, dans la mesure où ce coût abaissé des dépenses en impression, sera probablement réinjecté, dépensé sur un autre poste. Il est simplement question de bon sens dans la gestion financière d’un budget. Mais l’économie au sens de mettre de côté n’a pas lieu d’être, aux États-Unis comme dans les autres pays, tous, rappelons-le, étant aux prises avec une dette colossale.
Et si je continue dans la même logique : on ne peut mettre de côté de l’argent qu’on n’a pas…

C’est hélas de plus en plus souvent que l’on peut voir passer ce genre de titre, ou le verbe gagner est mal utilisé, en lieu et place de la réalité et du sens, c’est-à-dire du verbe économiser !

Cela se rencontre principalement dans le champ marketing évidemment. Telle publicité vous informe d’une « promotion qui va vous faire gagner de l’argent »… À longueur de journée, sur les ondes radio ou sur les publicités en ligne, on nous sert le même discours. Est-ce parce que l’idée de « gagner » fait davantage rêver que l’idée d' »économie » ?

Pour être logique, il suffit de réfléchir un peu

Même chose avec « gagner du pouvoir d’achat« . Si l’on se penche sur la formule, elle est totalement idiote, vous en conviendrez. En ne dépensant pas, nous économisons, c’est sûr ; mais en aucun cas cela fait rentrer de l’argent… Nous n’en perdons pas, mais nous n’en gagnons pas non plus.

Les soldes sont les championnes pour vous faire croire que vous allez gagner de l’argent  – sur votre fameux pouvoir d’achat – en achetant un pull à 10 euros plutôt à qu’à 40. Certes, vous faites (peut-être) une affaire sur le moment, dans le cas où vous aviez vraiment besoin d’acheter un pull. Mais vous ne gonflez absolument pas votre pouvoir d’achat !…
Le mieux est de ne pas dépenser du tout (le superflu, entendons-nous). On peut parler alors de véritable économie. 😉

Cet exemple permet de rappeler la subtilité du français. Les mots ont tous un sens. Mal utilisés dans une phrase (le plus souvent dans un article de presse d’ailleurs), ils peuvent vouloir dire n’importe quoi, voire son contraire…

+Anne Ropion

Langage oral : des tics en rafale

0007644534Q-849x565Si vous avez une écoute attentive, il ne vous aura pas échappé que chacun d’entre nous peut présenter un tic de langage… (y compris votre serviteur). Il y a ceux qui débutent presque toutes leurs phrases par « c’est vrai que », ceux qui placent un très agaçant « effectivement » ou « absolument » à tout bout de champ, ceux qui ont toujours besoin de commencer par « écoutez », etc. De quoi vous faire dresser l’oreille !

Et vous, quel est votre tic de langage ?

Quelques fins de phrases :

… on va dire.       (Un des plus énervants ! Je ne l’ai jamais compris…)
… quelque part.  (Aussi énervant que le précédent.)
… voilà.                (Se place aussi bien en milieu de phrase qu’à la fin…)
… quoi.                 (Celui-là dépend des régions.)
… tu vois.
… d’accord ?        (S’entend souvent chez les parents s’adressant à leur enfant.)
… point barre.     (Un point, c’est déjà pas mal.)
mais pas que.  (A supplanté « mais pas seulement ».)
… ou pas.             (Ce tic récent est pratique en termes de diplomatie. Mais, il peut devenir exaspérant, voire ridicule.)

Quelques débuts de phrases :

Tout à fait…         (Quand il est répété dix fois.)
C’est vrai que…   (Idem.)
C’est clair…          
(Vient souvent en simple réponse, tout comme « carrément ».)
Sérieux…              (Erreur syntaxique qui a remplacé « Sérieusement ».)
En fait…
J’vais t’dire…
Disons que…       

Des erreurs récurrentes

Dire « entre parenthèses » au lieu de « entre guillemets ».
Ces expressions ne sont pas toujours utilisées à bon escient. Lorsque vous digressez (pour détailler une info ou pour donner un avis), vous ouvrez donc une parenthèse, que vous refermez ensuite, et vous pouvez le dire oralement. Lorsque vous vous exprimez au figuré ou bien lorsque vous prononcez une phrase ou un mot de manière ironique par exemple, vous soulignez alors le fait que, bien sûr, c’est entre guillemets que vous le dites… Cela sous-entend un « si l’on peut dire » ou « si j’ose dire ».

Il y a aussi pêle-mêle : « j’veux dire », « ça le fait », « au taquet », « genre », « juste », « malgré que », « en même temps », « attends », « tu m’étonnes », « grave », « surréaliste ». Pour ce dernier terme, j’avoue avoir moi-même la fâcheuse manie de formuler un « c’est Star Trek »…
Il y en a ainsi des dizaines qui écorchent nos oreilles au quotidien. D’ailleurs, l’on s’aperçoit que ce sont toujours les mêmes qui passent en boucle. La plupart de ces tics malmènent la syntaxe du français sans états d’âme.

Concernant particulièrement le mot juste, on le retrouve très souvent placé n’importe où. Par exemple : « C’est juste pas possible. » Cette expression, dont la syntaxe a été jetée aux oubliettes, est légèrement différente d’un simple « ce n’est pas possible », puisque « juste » apparaît ici comme une notion de limite, venant appuyer un effet catégorique, sans autre alternative. Inversement – et plus justement –, on l’utilise aussi pour souligner la simplicité d’une idée, d’une action : « C’est juste un petit bobo. »

L’adverbe « TROP » qui revient comme un ronron

Impossible de ne pas avoir perçu ce phénomène de mode, très partagé chez les ados (ou alors vous habitez Pluton) : « trop pas » étant l’ultime expression pour le moins absconse.
Cette inversion, qui n’a absolument rien à voir avec « pas trop », souligne l’intensité de la nature du sujet qualifié. Donc « trop pas » signifie ici « pas du tout ! ».
L’adverbe « trop » doit en principe compléter un verbe (il travaille trop) ou venir renforcer un adjectif ou un autre adverbe (elle parle trop vite ; la mer est trop basse pour se baigner).

Mais ce « trop » est également mis à toutes les sauces. Certains l’utilisent – souvent sans s’en rendre compte – dans presque toutes leurs phrases… Que de tics en stock !
Rappelons que le mot trop évoque l’idée de quantité et veut dire à l’excès, de manière démesurée. Cela me permet donc de faire cette pirouette en disant que « trop, c’est trop ! ».

Des exemples ? Il vous suffit simplement de taper dans Twitter le hashtag #trop pour vérifier à la fois la popularité de ce tic et la moyenne d’âge des twittos…

« Il est trop, lui » : trop quoi ? On ne sait pas. Utilisé à tort comme un adjectif, cet adverbe peut en effet prêter à confusion, aucun vrai adjectif explicite n’étant employé à la suite. Du coup, cela peut sous-entendre tout et son contraire : par exemple, le fait d’être un drôle de zigoto mais dans un sens négatif (voleur, menteur, baratineur…) donc trop « mauvais » dans son attitude ; ou alors dans le sens positif (il est malin, il est beau, il est drôle, etc.).

Même si l’on peut évidemment comprendre ce qui est exprimé grâce au contexte de la conversation et/ou au ton employé, cette habitude de ne pas terminer une phrase ouvre la porte à toute sorte d’interprétations appauvrissant la liste d’adjectifs extraordinaires, autrefois proprement utilisés, réduits aujourd’hui à un seul et même ridicule petit mot.

Goodie : essayez de répéter à haute voix ce mot devant votre chat : « trop, trop, trop trop, trop, trop, trop, trop, trop, trop, trop »… Il va vous adorer.

Le double sujet…

La cerise sur le gâteau : le tic qui s’est installé insidieusement dans notre langage courant est une forme grammaticale, ou plutôt un effet de style employé par à peu près tout le monde. Je veux parler du sujet utilisé deux fois de suite de manière systématique.
Exemples :
« La pizza, elle est froide. » (Au lieu de « la pizza est froide »…)
« L’ordi, il est cassé. » (Au lieu de « l’ordi est cassé ».)
« Ma fille, elle veut changer son portable.« . (Au lieu d’un simple « Ma fille veut changer son portable« ..)
« Monsieur Trucmuche, il est au forum des entreprises » (Au lieu de « Monsieur Trucmuche est au forum des entreprises« ..)

Ce tic de langage – qui crée un pléonasme – a malheureusement atteint aussi les journalistes ou animateurs radio, ainsi que leurs invités, quels qu’ils soient. C’est une véritable épidémie.

« Trop la honte quoi ! »

+Anne Ropion

Des contenus oui, des fautes non (1)

Oh là là, mais apportez-moi une gomme !Il est beaucoup question de contenu (production de, création de, rédaction de… comme vous voulez). C’est l’enjeu majeur du Web.

Concernant la communication globale d’une marque ou d’une entreprise, l’impact de son message sur son image ne passe pas seulement par le fond (ce qui est dit), mais aussi par la forme, et je ne parle pas uniquement du style.

Outre le contenu, une rédaction de qualité demande de faire aussi attention aux règles de la langue utilisée (grammaire, orthographe, syntaxe, ponctuation), particulièrement dans le cadre d’une communication professionnelle.
Des contenus oui, des fautes non !

Pour bien commencer la rentrée, voici un premier mémo sur les erreurs les plus fréquentes.

L’erreur numéro un (en tête de gondole si j’ose dire)

Elle est d’ordre grammatical :
QUELQUE(S) vs QUEL QUE (QUELLE QUE, QUELS QUE, QUELLES QUE)

Exemple 1 : ce récent article lu sur e-marketing, pourtant intéressant et pas mal écrit, aborde justement le sujet de l’image d’une entreprise, notamment en termes de communication. Nous découvrons un florilège de « quelque soit » (que le sujet soit singulier ou pluriel, masculin ou féminin, d’ailleurs) : paragraphes 2, 4 et 8.

Exemple 2 : cet article du jour lu sur Numerama (article tout aussi intéressant), dans le paragraphe qui suit la troisième puce concernant les préalables : « quelque soit le type de réseau ».

J’en lis ainsi des centaines par jour… Le problème est quand l’erreur apparaît sur des sites d’agence de communication, de publicité, de grande marque, ou dans des articles de presse…

Petit rappel

Si le terme en question est placé devant un adjectif, un nom ou un adverbe :
> on écrit « quelque » en un seul mot.

Si le terme en question est placé devant un VERBE :
> on le détache en l’accordant avec le sujet (masculin-singulier ; masculin-pluriel ; féminin-singulier ; féminin-pluriel). Quel devient en effet attribut du sujet et s’accorde avec lui.

Ce qui donne 

        • Quel que soit le contenu d’un site, celui-ci doit être irréprochable.
        • Quels que soient les sujets d’un blog, ceux-ci doivent intéresser.
        • Quelle que soit la cible, le storytelling est un bon moyen de communication.
        • Quelles que soient les règles, elles doivent être respectées.

Précisions

  • En cas de double sujet, c’est le masculin qui l’emporte. Par exemple : quels que soient les supports utilisés et la technique employée… ou bien quels que soient la date et le lieu de rendez-vous…
  • « Quelque » est utilisé soit comme adjectif soit comme adverbe : l’adjectif se réfère à une quantité (j’ai mangé quelques olives) ; l’adverbe s’accorde avec le sujet : quelque ambition qu’il ait, cela lui prendra du temps ; quelques objectifs qu’il impose, ses employés devront s’adapter ; à quelques mots-clés près, le SEO s’en ressent.
  • « Quel que » est une locution et le verbe employé après quel que ou quelque est au subjonctif… : quoi que je dise, il n’en tiendra pas compte. Quelques bêtises qu’il fasse, il s’en sortira toujours.

Pourquoi est-ce important ?

Pour l’impact que cela peut avoir sur l’image (de l’entreprise ou de l’auteur).

Pour le lecteur : cela peut avoir un impact psychologique gênant.
Autant, pour un simple blog d’un particulier, cela peut passer – après tout, on ne peut pas se rappeler de toutes les règles (nombreuses en Français !) –, autant lorsqu’il s’agit d’un article, d’une publicité, d’une information ou d’un billet de blog émanant d’une marque ou d’un professionnel, de telles erreurs peuvent avoir un effet négatif.

En effet, cela peut vouloir dire que le rédacteur n’a pas pris le temps de se relire, donc par extension qu’il se fiche un peu de sa cible… Inconsciemment, cela pourra aussi être pris pour une forme de mépris vis-à-vis du lecteur.

Conclusion : si la stratégie de contenu est primordiale, n’oubliez pas que le diable se cache dans les détails. 😉

Bonne rentrée !

+Anne Ropion

Maîtriser l’impact d’une rédaction

Handwritten ABC on blackboardDepuis toujours, on voit passer des mails truffés de fautes. Il n’est donc pas étonnant de lire ce billet « Fautes d’orthographe, la plaie des entreprises.
Je suis toutefois sidérée des conséquences en termes de coût. Il y est dit aussi qu’outre les fautes d’orthographe et de grammaire, « c‘est l’usage du bon mot qui peut poser problème ».

Cela donne à réfléchir et pose encore une fois la question de l’impact d’une rédaction, quel que soit le message. Car la façon de dire les choses peut en effet être préjudiciable quand elle est source de quiproquos.

L’utilisation du mot juste, par le sens qu’il véhicule dans un contexte spécifique, est un acte subtil et délicat. Oui, la langue française est difficile parce que complexe. Elle regorge en effet de définitions différentes pour un même mot, ou bien, inversement, plusieurs mots peuvent signifier la même chose. Néanmoins, parmi deux ou trois synonymes, il y en aura toujours un qui sera le plus adéquat dans le contexte d’un message à rédiger. C’est toute la subtilité (et la difficulté) de la maîtrise du français.

Par ailleurs, deux personnes peuvent ressentir différemment le sens d’un mot. Sur le plan professionnel, un cadre qui aura beaucoup lu dans sa vie aura plus de facilité et d’aisance à échanger à l’écrit sans risquer de nuire à l’image de son entreprise.

Se mettre à la place du lecteur

Le problème est de savoir comment l’autre va l’interpréter. C’est d’ailleurs la grande différence entre l’écrit et l’oral : une fois son mail envoyé, pas de possibilité de revenir en arrière, pas de gestuelle, pas de ton, pas de possibilité d’explication directe. Ce type d’échange par e-mail est toujours un risque. Il faut savoir se relire et remettre en question sa prose, qui plus est dans un contexte d’affaires. Qui ne s’est jamais mordu les doigts après l’envoi d’un message ? Et ne parlons pas des coquilles malencontreuses (voir mon billet sur les coquilles).

Une communication écrite n’est pas anodine. Il s’agit d’avoir du style et de parvenir à dire de manière courte exactement ce que l’on voudrait que notre interlocuteur comprenne.
La façon de s’exprimer par écrit n’est pas forcément donnée à tout le monde. La première des choses à faire étant de se mettre à la place de son futur lecteur, de se relire à haute voix, de se demander ce que les mots employés veulent dire exactement et s’ils correspondent au message que l’on veut faire passer, dans un contexte précis.

Clarté = Compréhension

La syntaxe (comment c’est dit) peut avoir une incidence sur la sémantique (ce que cela signifie). Mais les auteurs de e-mails font rarement le lien ou bien oublient de le faire. Il y a pourtant une approche simple qui consiste à être le plus clair possible, quitte à répéter certains points qui pourraient échapper au lecteur, lui répéter des choses pour être sûr d’être sur la même longueur d’ondes. Le tout avec finesse évidemment, afin de ne pas le vexer. Car, très souvent, le lecteur pense avoir compris. Beaucoup lisent en diagonale, balaient simplement les mots comme des mots-clés, sans lire véritablement toutes les phrases.
Mais lorsque, ultérieurement, une incompréhension se révèle, il est parfois trop tard. Un seul mot, parfois même une seule virgule, suffit à compromettre un message.

Par exemple, je vois relativement souvent passer l’oubli du trait d’union dans l’adverbe « peut-être » ce qui transforme donc l’expression en « peut être », verbe « être » précédé du verbe « pouvoir » conjugué. Or la différence, apparemment infime, peut engendrer un contresens. C’est tous les jours que je constate ici ou là une syntaxe malmenée, dans les articles en ligne notamment.

Concernant les entreprises, il est évident qu’elles devraient être plus vigilantes. Le fait est établi aujourd’hui que même si l’on communique au départ avec un même code de langage, on ne donne visiblement pas tous le même sens aux mots… Et ce, pour différentes raisons : manque de culture, de vocabulaire, différence de vocable selon les métiers, habitudes, maîtrise de la langue défaillante à l’écrit, mais aussi pression du temps qui fait que l’on agit très vite sans prendre le temps justement de rédiger correctement, ni de se relire.

Anecdote

Il y a plus de vingt ans, par simple curiosité, je m’étais employée à demander à des dircom de grosses sociétés (rencontrés principalement à Paris), leur définition de la communication. Ma surprise fut grande : non seulement aucun d’entre eux n’avait la même et n’utilisait les mêmes mots, mais aucun d’eux n’avait la « bonne », du moins celle se rapprochant le plus d’une définition simple que l’on peut trouver dans un dictionnaire. Le résultat de ce petit sondage personnel, dans les années 90, apparaissait donc à la fois surprenant et accablant, mais expliquant assez bien finalement la confusion régnante. Et la difficulté justement de… communiquer en se faisant comprendre.

« La langue française est une conquête » (Albert Camus)

J’en arrive au récent article d’Olivier Cimelière sur son blog du communicant 2.0 présentant le livre de Jeanne Bordeau sur le langage en entreprise, laquelle déclare notamment : « La qualité, c’est savoir caractériser son discours, écrire avec une langue fidèle à son projet, à ses convictions, à ses collaborateurs. De grandes méprises existent à ce sujet. »

Effectivement, le fond d’un discours servi par l’emploi récurrent d’une novlangue propre à un secteur d’activité, peut éloigner de toute forme de personnalité et, plus grave, du sens et donc de la compréhension – sans parler des termes anglais jetés ici ou là, dont la définition peut davantage encore échapper à certains.
Or, je le répète souvent : la forme fait passer le fond !

Pour conclure, j’ai envie de citer l’extrait d’un discours d’Hélène CARRÈRE d’ENCAUSSE de l’Académie française : « (…) Enfin, les mots employés perdent souvent tout lien avec leur sens réel. En définitive, chacun tend à considérer qu’il peut user de la langue à sa manière. La conséquence en est qu’à l’instar de la situation d’incompréhension qui prévalait au temps de Racine, la communication est malaisée dans la France d’aujourd’hui. »

+Anne Ropion