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Newsjacking ou comment exploiter l’actu en 4 étapes

newsCréer du contenu grâce au newsjacking

La veille d’information est une pratique aussi vieille que la communication et la publication d’informations. Le Newsjacking* en est une émanation. Cette pratique, qui ne date pas d’hier, est Lire la suite

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Correction post-rédaction : les 3V

La méthode des 3V

La post-rédaction recouvre toute la phase se situant après votre rédaction (print ou web).
Vous êtes satisfait, vous avez pondu un texte et n’avez qu’une hâte : le diffuser !
Mais avez-vous pensé à tout ?

La post-rédaction est une dernière étape à considérer avec sérieux. Il ne s’agit pas simplement de se relire à la va-vite, en diagonale, même si c’est déjà pas mal.

Prendre quelques minutes supplémentaires pour ne rien négliger, permet :
–  d’offrir de la qualité ;
–  de montrer qu’on a fait l’effort de respecter les futurs lecteurs ;
–  d’être satisfait d’un travail correctement effectué, d’être satisfait de soi.

Après les 3C, pensez aux 3V

Pour toute rédaction, vous avez sans doute appliqué les fameux 3C : court, clair concis.
Concernant maintenant la post-rédaction, voici les 3V Lire la suite

Ligne éditoriale, l’atout infernal

Une ligne éditoriale est obligatoire lorsque vous communiquez en ligne de manière professionnelle pour diffuser des messages réguliers. Découvrez sept points à définir absolument avant de vous lancer. 

tempart410La ligne éditoriale ?

  • C’est une charte rédactionnelle qui conditionne vos messages. Tout comme vous avez une charte graphique pour l’habillage de votre com.
  • La ligne éditoriale est donc un ensemble de règles que vous adaptez pour parvenir à vos objectifs, définis au préalable dans une stratégie éditoriale faisant partie de votre stratégie digitale… Une stratégie digitale qui doit couvrir aujourd’hui 80 % de votre communication.
  • L’intérêt est de suivre cette ligne pour créer un marketing de contenu clair et efficace sur la durée. De sa parfaite utilisation dépend l’image que vous reflétez.

Déterminer d’abord Lire la suite

Les dérives de la rédaction Web (3/3)

 

Les dérives de la rédaction Web (3/3)On apprenait en juin que la startup Textmaster levait des fonds conséquents pour son développement : une plate-forme qui est donc supposée rentable. Et pour cause… à 6 cts le mot !
Ce troisième volet sur la rédaction Web aborde l’aspect de la course à la rentabilité (pas la même pour tous).

Selon vivre de son blog, l’affaire est entendue : le marché aux esclaves se porte bien.

Web : des contraintes qui tirent la rédaction vers le bas

Moi qui viens du journalisme classique, je ne peux que comprendre le questionnement posé par cet article paru dans l’Express le 5 juillet, et qui rejoint ma précédente réflexion 2/3 (La rédaction Web est-elle compatible avec la vitesse ?) :

Course à l’audience, uniformisation, le journalisme Web tiré vers le bas

Dans la foulée – sur ce thème de la rédaction journalistique – un excellent billet paru en 2012, sur le même sujet, mais vu de l’intérieur et bien plus détaillé ! :
« Je n’avais pas signé pour ce journalisme Web« .

Mais, quelle que soit la forme rédactionnelle, la rentabilité pour un « vendeur de contenu » passe par le low cost (= rédacteur sous-payé), ce n’est pas une nouveauté hélas. Ce qui est embêtant – outre la paupérisation desdits rédacteurs –, est la qualité du message. 90 % sont sans réel intérêt, c’est-à-dire n’apportant rien au final. Les éléments qui définissaient sa valeur ont changé leur fusil d’épaule : la valeur d’un article n’a plus la même définition aujourd’hui, le seul but étant de faire l’audience (même si cela n’est pas nouveau).

En termes de rédaction journalistique sur le Web, par exemple, le danger est clair : terminés les reportages d’investigation, les critiques, les remises en question ; place à une pensée unique, pardon, plus de pensée… plus de recul, plus de mise en perspective, pire, pas le temps de vérifier les faits. Du gavage d’oie au premier degré en quelque sorte.

En rédaction Web, nous allons retrouver les mêmes pressions relatives à l’audience et au but principal : fédérer. Du contenu, quel qu’il soit, pourvu qu’on ait du contenu, même insignifiant, dont le but est de pousser l’internaute à devenir un consommateur-accroc pavlovien juste bon à cliquer.

Remplir, pour générer du trafic, un point c’est tout. Par conséquent, ici, la tactique mathématique prévaut sur la qualité du propos.

Rentabilité VS Qualité : qui paie les pots cassés ?

Tout travail mérite salaire et, oui, la qualité a un coût. Si l’on veut un contenu orienté purement SEO, pour faire le clic et rien d’autre, et le plus vite possible, alors le marché aux robots a de beaux jours devant lui. D’ailleurs, soit dit en passant, sachez que les robots vont remplacer beaucoup de choses à termes, qu’on se le dise pour ceux qui cherchent un métier…

Les humains producteurs de contenus dans ce contexte sont sous-payés, particulièrement ceux qui acceptent de passer par ces plate-formes. Personnellement, vous ne m’y trouverez jamais n’étant pas marchand de tapis de mon état… Écraser les prix à ce point dessert la profession. Bientôt, on nous demandera de travailler gratuitement ! Les dérives de la rédaction Web se sont installées depuis quelques années déjà. (Merci Google.)

Le but étant d’aller vite, la course à l’audience est rarement compatible avec la qualité. Mais créer du contenu demande un minimum de temps (et de savoir-faire, n’oubliez pas). À propos des tarifs professionnels, un petit rappel s’impose avec cet excellent billet d’humeur d’une collègue qui ne mâche pas ses mots, parlant d’otages à propos des rédacteurs Web : « La vérité sur les tarifs de rédaction Web« .

Buzz immédiat VS audience durable

Heureusement, il reste (comme le village gaulois d’Astérix) des irréductibles du verbe. Voire des irréductibles de la qualité, et ce des deux côtés, c’est-à-dire des gens (fournisseurs ou sous-traitants) qui savent qu’en matière de communication, l’image passe par la qualité.

En fait, tout dépend de l’objectif. Une marque qui souhaite installer une belle image sur le long terme, aura tout intérêt à choisir un rédacteur professionnel de bon niveau (donc plus cher, enfin au tarif normal, j’ai envie de dire). C’est assez logique.

On entend régulièrement des commerçants dirent « je veux vendre plus, je veux plus de clients, mais je ne veux pas sortir un kopeck« . Si un client ne souhaite pas mettre de budget, c’est qu’il n’a pas compris la relation entre faire marcher un commerce/une activité et une bonne communication…

Or, installer une image (notamment digitale) demande une stratégie, de la patience, de la régularité. Dans cette approche, le rédacteur a toute son importance, et le temps qu’il passe pour rendre efficace le message de son client requiert de la considération, à commencer par une juste rémunération.

Qualité d’un contenu : attention aux fautes !

UnknownJe voudrais donner mon avis sur un billet que je ne peux décemment pas laisser passer tant celui-ci m’a contrariée. Je veux parler de la qualité rédactionnelle, la vraie, pas celle focalisée sur les mots-clés en vue d’un référencement et autre trafic juteux.

Revenons aux fondamentaux

Un contenu de qualité, on ne le répètera jamais assez, passe par trois éléments : la valeur du propos (ce que l’on dit), la forme de l’écriture (comment on le dit), et enfin le respect des règles (grammaire, syntaxe, orthographe, typographie).
Ce sont les trois axes principaux : le fond – la forme – la présentation.

Ensuite, et seulement ensuite, il se trouve que pour arriver à partager avec le plus grand nombre, via Internet, le message en question doit aussi répondre à quelques critères imposés par les moteurs de recherche, pieds et points liés aux algorithmes, devenus malheureusement les arbitres du trafic.

Comme nous le savons, ce double aspect a apporté une complexité à l’écriture web. Néanmoins, on a tendance à l’oublier, et c’est bien là où le bât blesse : un contenu bien référencé et cliqué des milliers de fois, ne veut pas dire forcément contenu de qualité. Ce n’est pas parce que vous êtes le premier sur Google que vous êtes le meilleur ; je dirais même plus, attention à la réputation sur la durée.

EXEMPLE

Ce matin, je suis tombée sur un billet édité par webmarketing-com.com intitulé « Comment être embauché comme rédacteur web ?« 

On voit tout de suite que ce « contenu » a été structuré en priorité pour un bon référencement (ce qui peut se comprendre, particulièrement au niveau marketing).

De part son sujet, qui me touche de près, j’ai assez vite décidé de le tweeter. Mais avant, comme je le fais systématiquement pour tous les articles, je me suis mise à le lire…

Le problème est qu’il est truffé de fautes, principalement de grammaire…
Voici le peu que j’ai relevé (et je ne parle pas du style, au point qu’on dirait la rédaction d’un robot étranger) :

  • §1, ligne 11 (avant-dernière) : « aujourd’hui prioritaires » (sujet = marketing et rédaction)
  • §2, titre : « Toujours plus d’offres d’emploi »
  • §2, ligne 2 : « les postes peuvent être sensiblement différents« 
  • §3, ligne 1 : « quelle que soit la position«  (au lieu de quel que soit)
  • §4, titre : « Comment contrôler que votre contenu a fait mouche ? »
  • §4, ligne 8, (7ème puce) : Twitter
  • §5, ligne 1 : « Faites-vous »
  • §6, (Q3), titre : « Quels contenus lisez-vous ? »
  • §6, (Q3), ligne 3 : « les articles que vous avez lus dernièrement »
  • §7, (Q4), ligne 9 : « que Google établit« 
  • §9, (Q6), ligne 1 : « avec des exemples d’écrits tout à fait pertinents« 
  • §10, « Entretien », ligne 6 : « des autres candidats que nous avons rencontrés« 
  • §10, avant-dernière ligne : « J’apprécierais » (oui, ce doit être au conditionnel)

Il y en a d’autres, cette liste n’est pas exhaustive…
Et je ne parle pas des majuscules, des virgules, des accents, des traits d’union ou carrément des mots, oubliés ici ou là.

Il est beaucoup question d’algorithme, de page rank, mais la qualité d’une rédaction dite « web » ne se trouve pas seulement dans les mathématiques. Tout comme une rédaction classique, elle se situe d’abord sur le fond (la qualité du message en tant qu’intérêt) ET sur l’orthographe et la grammaire.

Conclusion

J’ai subi une lecture désagréable. Résultat : ce billet est certes bien référencé, mais  je n’ai pas eu envie de partager ce contenu (si ce n’est bien sûr pour vous en parler ici), car la qualité rédactionnelle laisse trop à désirer, et particulièrement le nombre de fautes.

Dans sa forme rédactionnelle, ce billet que j’ai pris en exemple, est imbuvable.
Bien sûr que l’on peut tous faire des coquilles, moi la première. Mais nous avons affaire ici à un cas de figure extrême, sinon je ne me serais pas permise. Alors que l’auteur du billet écrit lui-même très justement qu’il faut se relire…

Afin d’offrir un confort de lecture, la structure d’un article, découpée de manière équilibrée, ne suffit pas. La présentation – qui, ne l’oublions pas, est d’abord visuelle –, passe également par le respect des règles de la langue dans laquelle on rédige, règles typographiques incluses.

Je suis désolée, mais en ce qui me concerne, la qualité d’un rédacteur web se reconnaît aussi par la maîtrise de l’écrit, ne serait-ce que par respect pour le lecteur.
Alors à la question « comment être embauché comme rédacteur web ? » : sûrement pas en faisant des fautes…

+Anne Ropion

Il y a contenu et contenu !

lightbulb-teaserAprès avoir tenté une définition du contenu il y a trois ans (déjà !), penchons-nous à nouveau sur les aspects principaux de ce fameux mot devenu magique et utilisé à tout bout de champ : le « contenu »

Deux aspects caractérisent cette notion

1. Le contenu en tant qu’élément : par exemple un texte, une image, une vidéo, un tableau, un titre, une infographie, etc.
Et en sous-éléments (comme l’idée de poupées russes qu’il m’est arrivé d’évoquer auparavant) : la nature par exemple d’un texte : article classique, brève, histoire, publicité…

Le choix de ces « supports » varie selon les objectifs du message que l’on veut partager : newsletter, email, vidéo, blog, le tout transmis de manière adaptée selon les outils-supports (ordinateur, tablette, smartphone…).
Tout cela représente la forme.
Tout comme le style du message transmis : sur un ton pédagogique, humoristique, alarmant, sérieux…

2. Mais l’idée de contenu, c’est aussi ce qui est dit : le fond. Si possible un fond qui a du sens. La première chose à laquelle je pense quand on me parle de « contenu » est non pas sous quelle forme (vidéo, texte, son, etc.), mais bel et bien ce que l’on va DIRE. Le propos servi par des mots cohérents qui vont signifier une information, une idée, une réflexion. Le sens profond du contenu, est à mes yeux, la valeur intrinsèque de ce qui se partage, quelle que soit la forme sous laquelle le message est transmis.

Or, c’est très souvent que ces deux aspects sont mélangés, ou plutôt confondus, et encore plus souvent que l’on parle de contenu dans son premier aspect. Comme si ce que l’on dit n’avait pas d’importance, on remplit parce que « allez, il faut du contenu, il faut remplir à tout prix, on va mettre une vidéo, un titre, une image, les gens adorent ça… ».

Le danger est que l’on occulte la force du message lui-même, son intérêt profond, sa qualité, ce qui fait sa valeur, non pas en termes de buzz ou de clics, mais en termes de signification, de sens du propos.

En effet, quid de ce qui est exactement dit ?  Si l’on produit du contenu pour du contenu, il est fort probable que la majorité de celui-ci contient du vent, de l’éphémère, improductif.

Car tout de même, l’intérêt d’une bonne communication n’est-il pas de transmettre un message qui serve réellement à quelque chose ?

Contenu : le roi est nu !

radis assiette #1On répète tous les jours que le contenu est ROI. Et c’est vrai.
Mais alors pourquoi est-il si souvent la cinquième roue du carrosse ? Ou pire, qu’il soit obligé de courir tout nu derrière ?
Un site sans stratégie de contenu ne sert à rien.

Une assiette vide

Les clients insistent souvent sur le webdesign : « Je veux un beau logo, de belles fonctions, de belles couleurs, je veux de l’ergonomie, du référencement, bref, je veux des visiteurs. Il faut qu’il attire les gens... »

Je veux, je veux, je veux !
Cela me fait penser à ces restaurants branchés où la nouvelle cuisine mise sur l’esthétique. Le nom du restaurant attire, le lieu est chouette, le décor très beau, on est bien reçu, les couverts brillent, on a même trois verres, une nappe et les serviettes sont en pur coton d’une couleur assortie aux chaises Le menu écrit avec une belle typo, est alléchant. C’est parfait. Mais voilà qu’arrive votre assiette
Certes, la décoration est équilibrée. Mais où sont les aliments exactement ? Trois radis ? Oui, enfin, on eut préféré une assiette bien remplie si vous voyez ce que je veux dire.

Eh bien, sur Internet, c’est pareil ! Il ne suffit pas d’avoir un beau site, encore faut-il que ce dernier soit fourni et que son contenu ne vous laisse pas sur votre faim.
Il n’y a ici ni mystère ni recette. C’est le contenu, la locomotive…

Malheureusement, sur ce plan, force est de constater qu’il est peu abordé, ou après la bataille, comme si aux yeux de ceux qui ont besoin d’un site et qui se tournent vers un prestataire, le contenu n’existait pas ou était secondaire !
Et la stratégie éditoriale dans tout ça ?

ID-10012084Penser marketing et communication

Une stratégie éditoriale permet de répondre aux questions fondamentales : un site pourquoi, un site pour qui, un site pour dire quoi ?

Réfléchir D’ABORD à son contenu détermine non seulement la nature de votre site, mais aussi son architecture, sa présence en ligne et l’avenir de votre communication.

Certes, vous répétez que vous ne voulez pas de barre latérale, que vous savez ce que vous voulez puisque vous voulez ressembler au plus beau, en montrant comme exemple un site que vous aimez (même s’il n’a rien à voir avec votre activité). C’est déjà pas mal, mais c’est mettre la charrue avec les bœufs…

Schéma classique d’un échange :

– Il faudra bien sûr des onglets et puis je souhaite un beau pied de page (footer) avec nos coordonnées et surtout un slider en haut du site ! Oh, oui, je veux que ça bouge !! »
– « Mmmmm. Très bien. Mais ça, ça viendra après… »
– « Après quoi ? »
– « Après que vous ayez répondu à quelques questions » :
mmm–  quels sont vos objectifs ?
mmm–  qu’allez-vous montrer ?
mmm–  à qui vous vous adressez ?
mmm–  qu’allez-vous dire ?
mmm–  quel message voulez-vous faire passer ?
mmm–  de quelles informations disposez-vous ?
mmm–  quels sont vos concurrents ?
mmm–  comment comptez-vous communiquer ?
mmm–  etc. »

Toute création de site Web commence par le contenu !

Ce fameux ROI – return on investment – est effectivement lié au contenu. En l’occurrence, ce que l’on appelle le content marketing ou « marketing de contenu » est cette stratégie, ce fil rouge qui va construire votre communication, au travers, entre autres, d’un site Web.

C’est donc ce contenu qu’il s’agit d’habiller correctement (d’habiller tout court). Il n’y a que comme cela que vous existerez.

Bien sûr, on va le servir sur un plateau : lui offrir un beau trône, une belle galerie, un beau château et un beau jardin, on allumera les bougies et on fera fonctionner les jets d’eau, pas de problème. Le support visuel est là pour attirer.

Mais n’oubliez jamais que le principal, celui qu’on vient découvrir… c’est le contenu. S’il est insignifiant, mal écrit, mal pensé, confus, sans saveur, voire invisible, le visiteur ne reviendra pas et, pire, gardera une impression négative.

Si vous le laissez tout nu, c’est vous qui risquez de prendre froid !

+Anne Ropion

Rédaction Web : la facilité du content spinning

matrioshkaOn parle assez peu du terme spinning. Pourtant, ce qu’il cache se produit, hélas, depuis fort longtemps. Je veux parler du content spinning ou « essorage de contenu ».
En termes de production de contenu, c’est le fait de décliner un texte (un article, un billet), en le reprenant sous plusieurs formes stylistiques. Une pratique dont le seul leitmotiv est de séduire les moteurs de recherche… De la rédaction robotisée en quête de référencement.

Pas d’éthique pour le black hat

imagesAu moyen de paraphrases, on change les termes pour créer différentes versions autour de la même information ou du même sujet. Cela se fait bien sûr automatiquement ou semi-automatiquement grâce à des logiciels qui vous délivrent de toute réflexion, tout en vous faisant gagner un temps non négligeable. Ce n’est pas un duplicata total, mais cela y ressemble. Simplement, on joue sur les mots. En savoir plus.

Voici deux articles très intéressants à ce sujet :

Le Web à l’essorage
Google et le content spanning

Pour ma part, je ne suis pas pour cette façon de faire  – même si certains ont tendance à la rendre « propre » pour être adoubés par le white hat cette fois. Certains « rédacteurs » apparaissent même tout à fait décomplexés avec cette méthode, donnant des tuyaux à tout-va.

Cela me dérange, pas seulement parce que c’est à la fois déloyal et proscrit par Google, mais aussi parce que le style devient alors souvent n’importe quoi. Le texte est comme robotisé, sans âme. Car il en va également de la richesse du contenu, de sa pertinence, non pas en termes de SEO, mais de réflexion, d’interrogation, de forme (quid de la qualité de lecture ?), de réelle information, de qualité de débat, de partage, de transmission. Bref de hauteur de vue.

Nous sommes d’accord que la plupart des internautes lisent en diagonale. Mais pourquoi, au nom d’un enjeu de visibilité, leur présenter un style médiocre dû à des logiciels qui ne font pas dans la finesse ? Je suis persuadée que l’on peut allier les deux : informer et respecter le lecteur en lui offrant un style de qualité.

Cette pratique de content spinning va évidemment plus vite que de créer « à la main », de rédiger différemment en cherchant soi-même les synonymes. Place aux logiciels. Mais c’est alors uniquement l’info qui prime, même si c’est mal écrit. On nivelle tout, on s’éloigne de toute personnalité. Vous me direz que le style passe au second plan lorsqu’il s’agit de délivrer de l’actualité brute où le temps compte davantage. Certes.
Toutefois, engorger le flux et nourrir inutilement l’infobésité – source de surchauffe des data centers –, en créant moult versions, tout cela pour arriver le premier… C’est dommage et un peu facile.

Un exemple de doublon inutile

Lu sur le figaro.fr…

Premier article mis en ligne le 2 octobre :
Une rue des tontons flingueurs à Nantes

Second article mis en ligne le 4 octobre :
Les tontons flingueurs font du barouf à Nantes

En plus d’avoir exactement le même sujet décliné, quasiment les mêmes mots-clés et un ou deux liens identiques (et des photos en NB issues du même film évidemment) – sans parler des coquilles –, ce doublon d’info n’a eu que très peu d’effet, l’information ayant été reprise seulement localement par Presse Océan et Ouest-France.

Cet exemple n’apparaît peut-être pas flagrant, mais pourquoi le même sujet à deux jours d’intervalle, alors qu’il aurait suffit d’actualiser le premier pour ajouter un lien ? (Question naïve bien entendu). Ces journalistes n’ont-ils rien d’autre à se mettre sous la dent en matière de sujets pour leur rubrique Culture ?  Si l’info en elle-même est sympathique, le sujet pouvait amener à trouver des angles largement plus éloignés. Ou alors, ils ne se sont pas concertés…

Souvent indétectable

Le problème est que cette technique passe souvent inaperçue. Les lecteurs ne sont pas (plus) habitués à faire la différence. Il faut avoir beaucoup lu pour « sentir » la prose mécanique, c’est normal. Si un duplicata (appelons un chat un chat), se retrouve en pole position sur les moteurs de recherche, il affichera un style de moindre qualité que son original, écrit au tout départ. Là encore, dommage, ne serait-ce que par respect à la fois pour la richesse de la langue et pour le lecteur (voir plus loin). Et ne parlons pas des abondantes coquilles qui viennent « enjoliver » ledit texte, qu’il soit écrit par un humain ou réécrit par un robot d’ailleurs…

Info jetable et info de qualité

Alors évidemment, vous pensez que ce n’est pas grave, que ce qui compte, c’est le fond, le contenu, en l’occurrence l’information, mue de surcroît par une course de vitesse permanente.

Je serais (éventuellement) d’accord lorsqu’il s’agit d’une simple info concernant un scoop ou l’actualité, si bien sûr celle-ci a été vérifiée. C’est d’ailleurs bien pourquoi cette technique se développe, même en white hat, prétextant une diffusion tous azimuts sur des supports variés qui demandent des aménagements (cible, longueur, etc.).
Il n’empêche que cette pratique reste bannie par Google et, pour une fois, nous sommes d’accord.

En revanche, un article de fond ne peut s’en accommoder. C’est là qu’intervient la différence entre une réflexion, un billet original, personnel, argumenté, sur un sujet X ou Y, venant apporter quelque chose à la communauté, et le tout-venant soumis au résultat « algorithmesque ».
Question de point de vue sur la rédaction Web…

Vous l’aurez compris, je suis davantage pour un contenu unique, au référencement naturel et non forcé, que pour une course à l’échalote. Ou, pour paraphraser, davantage pour la qualité que pour le matraquage.

+Anne Ropion