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Correction post-rédaction : les 3V

La méthode des 3V

La post-rédaction recouvre toute la phase se situant après votre rédaction (print ou web).
Vous êtes satisfait, vous avez pondu un texte et n’avez qu’une hâte : le diffuser !
Mais avez-vous pensé à tout ?

La post-rédaction est une dernière étape à considérer avec sérieux. Il ne s’agit pas simplement de se relire à la va-vite, en diagonale, même si c’est déjà pas mal.

Prendre quelques minutes supplémentaires pour ne rien négliger, permet :
–  d’offrir de la qualité ;
–  de montrer qu’on a fait l’effort de respecter les futurs lecteurs ;
–  d’être satisfait d’un travail correctement effectué, d’être satisfait de soi.

Après les 3C, pensez aux 3V

Pour toute rédaction, vous avez sans doute appliqué les fameux 3C : court, clair concis.
Concernant maintenant la post-rédaction, voici les 3V Lire la suite

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Rédaction : le sens des mots

Le français est une langue merveilleuse. Mais attention à bien la maîtriser pour se faire comprendre. Pour cela, il n’y a pas de mystère, il s’agit, entre autres, de connaître la bonne définition du vocabulaire employé.

MEMEARNOLDEXEMPLE
La Tribune publiait en juillet 2015 un article intitulé :
le digital n’épargnera personne !
(Les twittos surfeurs observeront d’ailleurs que la phrase utilisée dans la balise meta pour le SEO, contient, à la place, le terme « numérique ».)

Le verbe « épargner » questionne.

SIGNIFICATIONS Lire la suite

La titraille, ça se travaille (1)

Après les images, le titre est le point de lecture le plus important.

title

Une titraille comme sur des rails

La titraille forme en quelque sorte les panneaux indicateurs dans la construction d’un article.
On pense principalement au titre, mais le sous-titre, le chapeau, les intertitres, les légendes (ou titres) accompagnant un encadré ou bien tout ce qui est visuel (en dehors de l’attribut « titre » d’une image), sont tout aussi importants.

D’ailleurs, l’internaute regarde plus souvent en premier l’image ET sa légende si elle en a une, avant le titre.

Votre titraille se travaille du début à la fin : elle doit être logique, agréable et évidemment UTILE.
Le but premier étant Lire la suite

Les dérives de la rédaction Web (3/3)

 

Les dérives de la rédaction Web (3/3)On apprenait en juin que la startup Textmaster levait des fonds conséquents pour son développement : une plate-forme qui est donc supposée rentable. Et pour cause… à 6 cts le mot !
Ce troisième volet sur la rédaction Web aborde l’aspect de la course à la rentabilité (pas la même pour tous).

Selon vivre de son blog, l’affaire est entendue : le marché aux esclaves se porte bien.

Web : des contraintes qui tirent la rédaction vers le bas

Moi qui viens du journalisme classique, je ne peux que comprendre le questionnement posé par cet article paru dans l’Express le 5 juillet, et qui rejoint ma précédente réflexion 2/3 (La rédaction Web est-elle compatible avec la vitesse ?) :

Course à l’audience, uniformisation, le journalisme Web tiré vers le bas

Dans la foulée – sur ce thème de la rédaction journalistique – un excellent billet paru en 2012, sur le même sujet, mais vu de l’intérieur et bien plus détaillé ! :
« Je n’avais pas signé pour ce journalisme Web« .

Mais, quelle que soit la forme rédactionnelle, la rentabilité pour un « vendeur de contenu » passe par le low cost (= rédacteur sous-payé), ce n’est pas une nouveauté hélas. Ce qui est embêtant – outre la paupérisation desdits rédacteurs –, est la qualité du message. 90 % sont sans réel intérêt, c’est-à-dire n’apportant rien au final. Les éléments qui définissaient sa valeur ont changé leur fusil d’épaule : la valeur d’un article n’a plus la même définition aujourd’hui, le seul but étant de faire l’audience (même si cela n’est pas nouveau).

En termes de rédaction journalistique sur le Web, par exemple, le danger est clair : terminés les reportages d’investigation, les critiques, les remises en question ; place à une pensée unique, pardon, plus de pensée… plus de recul, plus de mise en perspective, pire, pas le temps de vérifier les faits. Du gavage d’oie au premier degré en quelque sorte.

En rédaction Web, nous allons retrouver les mêmes pressions relatives à l’audience et au but principal : fédérer. Du contenu, quel qu’il soit, pourvu qu’on ait du contenu, même insignifiant, dont le but est de pousser l’internaute à devenir un consommateur-accroc pavlovien juste bon à cliquer.

Remplir, pour générer du trafic, un point c’est tout. Par conséquent, ici, la tactique mathématique prévaut sur la qualité du propos.

Rentabilité VS Qualité : qui paie les pots cassés ?

Tout travail mérite salaire et, oui, la qualité a un coût. Si l’on veut un contenu orienté purement SEO, pour faire le clic et rien d’autre, et le plus vite possible, alors le marché aux robots a de beaux jours devant lui. D’ailleurs, soit dit en passant, sachez que les robots vont remplacer beaucoup de choses à termes, qu’on se le dise pour ceux qui cherchent un métier…

Les humains producteurs de contenus dans ce contexte sont sous-payés, particulièrement ceux qui acceptent de passer par ces plate-formes. Personnellement, vous ne m’y trouverez jamais n’étant pas marchand de tapis de mon état… Écraser les prix à ce point dessert la profession. Bientôt, on nous demandera de travailler gratuitement ! Les dérives de la rédaction Web se sont installées depuis quelques années déjà. (Merci Google.)

Le but étant d’aller vite, la course à l’audience est rarement compatible avec la qualité. Mais créer du contenu demande un minimum de temps (et de savoir-faire, n’oubliez pas). À propos des tarifs professionnels, un petit rappel s’impose avec cet excellent billet d’humeur d’une collègue qui ne mâche pas ses mots, parlant d’otages à propos des rédacteurs Web : « La vérité sur les tarifs de rédaction Web« .

Buzz immédiat VS audience durable

Heureusement, il reste (comme le village gaulois d’Astérix) des irréductibles du verbe. Voire des irréductibles de la qualité, et ce des deux côtés, c’est-à-dire des gens (fournisseurs ou sous-traitants) qui savent qu’en matière de communication, l’image passe par la qualité.

En fait, tout dépend de l’objectif. Une marque qui souhaite installer une belle image sur le long terme, aura tout intérêt à choisir un rédacteur professionnel de bon niveau (donc plus cher, enfin au tarif normal, j’ai envie de dire). C’est assez logique.

On entend régulièrement des commerçants dirent « je veux vendre plus, je veux plus de clients, mais je ne veux pas sortir un kopeck« . Si un client ne souhaite pas mettre de budget, c’est qu’il n’a pas compris la relation entre faire marcher un commerce/une activité et une bonne communication…

Or, installer une image (notamment digitale) demande une stratégie, de la patience, de la régularité. Dans cette approche, le rédacteur a toute son importance, et le temps qu’il passe pour rendre efficace le message de son client requiert de la considération, à commencer par une juste rémunération.

Qualité d’un contenu : attention aux fautes !

UnknownJe voudrais donner mon avis sur un billet que je ne peux décemment pas laisser passer tant celui-ci m’a contrariée. Je veux parler de la qualité rédactionnelle, la vraie, pas celle focalisée sur les mots-clés en vue d’un référencement et autre trafic juteux.

Revenons aux fondamentaux

Un contenu de qualité, on ne le répètera jamais assez, passe par trois éléments : la valeur du propos (ce que l’on dit), la forme de l’écriture (comment on le dit), et enfin le respect des règles (grammaire, syntaxe, orthographe, typographie).
Ce sont les trois axes principaux : le fond – la forme – la présentation.

Ensuite, et seulement ensuite, il se trouve que pour arriver à partager avec le plus grand nombre, via Internet, le message en question doit aussi répondre à quelques critères imposés par les moteurs de recherche, pieds et points liés aux algorithmes, devenus malheureusement les arbitres du trafic.

Comme nous le savons, ce double aspect a apporté une complexité à l’écriture web. Néanmoins, on a tendance à l’oublier, et c’est bien là où le bât blesse : un contenu bien référencé et cliqué des milliers de fois, ne veut pas dire forcément contenu de qualité. Ce n’est pas parce que vous êtes le premier sur Google que vous êtes le meilleur ; je dirais même plus, attention à la réputation sur la durée.

EXEMPLE

Ce matin, je suis tombée sur un billet édité par webmarketing-com.com intitulé « Comment être embauché comme rédacteur web ?« 

On voit tout de suite que ce « contenu » a été structuré en priorité pour un bon référencement (ce qui peut se comprendre, particulièrement au niveau marketing).

De part son sujet, qui me touche de près, j’ai assez vite décidé de le tweeter. Mais avant, comme je le fais systématiquement pour tous les articles, je me suis mise à le lire…

Le problème est qu’il est truffé de fautes, principalement de grammaire…
Voici le peu que j’ai relevé (et je ne parle pas du style, au point qu’on dirait la rédaction d’un robot étranger) :

  • §1, ligne 11 (avant-dernière) : « aujourd’hui prioritaires » (sujet = marketing et rédaction)
  • §2, titre : « Toujours plus d’offres d’emploi »
  • §2, ligne 2 : « les postes peuvent être sensiblement différents« 
  • §3, ligne 1 : « quelle que soit la position«  (au lieu de quel que soit)
  • §4, titre : « Comment contrôler que votre contenu a fait mouche ? »
  • §4, ligne 8, (7ème puce) : Twitter
  • §5, ligne 1 : « Faites-vous »
  • §6, (Q3), titre : « Quels contenus lisez-vous ? »
  • §6, (Q3), ligne 3 : « les articles que vous avez lus dernièrement »
  • §7, (Q4), ligne 9 : « que Google établit« 
  • §9, (Q6), ligne 1 : « avec des exemples d’écrits tout à fait pertinents« 
  • §10, « Entretien », ligne 6 : « des autres candidats que nous avons rencontrés« 
  • §10, avant-dernière ligne : « J’apprécierais » (oui, ce doit être au conditionnel)

Il y en a d’autres, cette liste n’est pas exhaustive…
Et je ne parle pas des majuscules, des virgules, des accents, des traits d’union ou carrément des mots, oubliés ici ou là.

Il est beaucoup question d’algorithme, de page rank, mais la qualité d’une rédaction dite « web » ne se trouve pas seulement dans les mathématiques. Tout comme une rédaction classique, elle se situe d’abord sur le fond (la qualité du message en tant qu’intérêt) ET sur l’orthographe et la grammaire.

Conclusion

J’ai subi une lecture désagréable. Résultat : ce billet est certes bien référencé, mais  je n’ai pas eu envie de partager ce contenu (si ce n’est bien sûr pour vous en parler ici), car la qualité rédactionnelle laisse trop à désirer, et particulièrement le nombre de fautes.

Dans sa forme rédactionnelle, ce billet que j’ai pris en exemple, est imbuvable.
Bien sûr que l’on peut tous faire des coquilles, moi la première. Mais nous avons affaire ici à un cas de figure extrême, sinon je ne me serais pas permise. Alors que l’auteur du billet écrit lui-même très justement qu’il faut se relire…

Afin d’offrir un confort de lecture, la structure d’un article, découpée de manière équilibrée, ne suffit pas. La présentation – qui, ne l’oublions pas, est d’abord visuelle –, passe également par le respect des règles de la langue dans laquelle on rédige, règles typographiques incluses.

Je suis désolée, mais en ce qui me concerne, la qualité d’un rédacteur web se reconnaît aussi par la maîtrise de l’écrit, ne serait-ce que par respect pour le lecteur.
Alors à la question « comment être embauché comme rédacteur web ? » : sûrement pas en faisant des fautes…

+Anne Ropion

Rédaction Web : la facilité du content spinning

matrioshkaOn parle assez peu du terme spinning. Pourtant, ce qu’il cache se produit, hélas, depuis fort longtemps. Je veux parler du content spinning ou « essorage de contenu ».
En termes de production de contenu, c’est le fait de décliner un texte (un article, un billet), en le reprenant sous plusieurs formes stylistiques. Une pratique dont le seul leitmotiv est de séduire les moteurs de recherche… De la rédaction robotisée en quête de référencement.

Pas d’éthique pour le black hat

imagesAu moyen de paraphrases, on change les termes pour créer différentes versions autour de la même information ou du même sujet. Cela se fait bien sûr automatiquement ou semi-automatiquement grâce à des logiciels qui vous délivrent de toute réflexion, tout en vous faisant gagner un temps non négligeable. Ce n’est pas un duplicata total, mais cela y ressemble. Simplement, on joue sur les mots. En savoir plus.

Voici deux articles très intéressants à ce sujet :

Le Web à l’essorage
Google et le content spanning

Pour ma part, je ne suis pas pour cette façon de faire  – même si certains ont tendance à la rendre « propre » pour être adoubés par le white hat cette fois. Certains « rédacteurs » apparaissent même tout à fait décomplexés avec cette méthode, donnant des tuyaux à tout-va.

Cela me dérange, pas seulement parce que c’est à la fois déloyal et proscrit par Google, mais aussi parce que le style devient alors souvent n’importe quoi. Le texte est comme robotisé, sans âme. Car il en va également de la richesse du contenu, de sa pertinence, non pas en termes de SEO, mais de réflexion, d’interrogation, de forme (quid de la qualité de lecture ?), de réelle information, de qualité de débat, de partage, de transmission. Bref de hauteur de vue.

Nous sommes d’accord que la plupart des internautes lisent en diagonale. Mais pourquoi, au nom d’un enjeu de visibilité, leur présenter un style médiocre dû à des logiciels qui ne font pas dans la finesse ? Je suis persuadée que l’on peut allier les deux : informer et respecter le lecteur en lui offrant un style de qualité.

Cette pratique de content spinning va évidemment plus vite que de créer « à la main », de rédiger différemment en cherchant soi-même les synonymes. Place aux logiciels. Mais c’est alors uniquement l’info qui prime, même si c’est mal écrit. On nivelle tout, on s’éloigne de toute personnalité. Vous me direz que le style passe au second plan lorsqu’il s’agit de délivrer de l’actualité brute où le temps compte davantage. Certes.
Toutefois, engorger le flux et nourrir inutilement l’infobésité – source de surchauffe des data centers –, en créant moult versions, tout cela pour arriver le premier… C’est dommage et un peu facile.

Un exemple de doublon inutile

Lu sur le figaro.fr…

Premier article mis en ligne le 2 octobre :
Une rue des tontons flingueurs à Nantes

Second article mis en ligne le 4 octobre :
Les tontons flingueurs font du barouf à Nantes

En plus d’avoir exactement le même sujet décliné, quasiment les mêmes mots-clés et un ou deux liens identiques (et des photos en NB issues du même film évidemment) – sans parler des coquilles –, ce doublon d’info n’a eu que très peu d’effet, l’information ayant été reprise seulement localement par Presse Océan et Ouest-France.

Cet exemple n’apparaît peut-être pas flagrant, mais pourquoi le même sujet à deux jours d’intervalle, alors qu’il aurait suffit d’actualiser le premier pour ajouter un lien ? (Question naïve bien entendu). Ces journalistes n’ont-ils rien d’autre à se mettre sous la dent en matière de sujets pour leur rubrique Culture ?  Si l’info en elle-même est sympathique, le sujet pouvait amener à trouver des angles largement plus éloignés. Ou alors, ils ne se sont pas concertés…

Souvent indétectable

Le problème est que cette technique passe souvent inaperçue. Les lecteurs ne sont pas (plus) habitués à faire la différence. Il faut avoir beaucoup lu pour « sentir » la prose mécanique, c’est normal. Si un duplicata (appelons un chat un chat), se retrouve en pole position sur les moteurs de recherche, il affichera un style de moindre qualité que son original, écrit au tout départ. Là encore, dommage, ne serait-ce que par respect à la fois pour la richesse de la langue et pour le lecteur (voir plus loin). Et ne parlons pas des abondantes coquilles qui viennent « enjoliver » ledit texte, qu’il soit écrit par un humain ou réécrit par un robot d’ailleurs…

Info jetable et info de qualité

Alors évidemment, vous pensez que ce n’est pas grave, que ce qui compte, c’est le fond, le contenu, en l’occurrence l’information, mue de surcroît par une course de vitesse permanente.

Je serais (éventuellement) d’accord lorsqu’il s’agit d’une simple info concernant un scoop ou l’actualité, si bien sûr celle-ci a été vérifiée. C’est d’ailleurs bien pourquoi cette technique se développe, même en white hat, prétextant une diffusion tous azimuts sur des supports variés qui demandent des aménagements (cible, longueur, etc.).
Il n’empêche que cette pratique reste bannie par Google et, pour une fois, nous sommes d’accord.

En revanche, un article de fond ne peut s’en accommoder. C’est là qu’intervient la différence entre une réflexion, un billet original, personnel, argumenté, sur un sujet X ou Y, venant apporter quelque chose à la communauté, et le tout-venant soumis au résultat « algorithmesque ».
Question de point de vue sur la rédaction Web…

Vous l’aurez compris, je suis davantage pour un contenu unique, au référencement naturel et non forcé, que pour une course à l’échalote. Ou, pour paraphraser, davantage pour la qualité que pour le matraquage.

+Anne Ropion

Un contenu de qualité doit être un pléonasme !

file000968573066Chaque rentrée rime souvent avec nouveauté…
Mais en termes de rédaction de contenu, une règle immuable semble prête à le rester : celle qui consiste à offrir un contenu de qualité.
Pourquoi ?
Parce que tous ceux qui se « nourrissent » sur le Web aiment en ressentir une satisfaction. Un contenu devrait donc toujours tendre vers la qualité. Ainsi, la notion de « contenu de qualité » devrait être un 
pléonasme !

Qualitas : du latin « manière d’être »

Un contenu de qualité ? C’est un contenu utile…
D’accord, mais en réalité, au moins deux aspects se distinguent sur le Web :
(a) soit un contenu de qualité est considéré comme tel parce qu’il apporte du trafic (on recherche du chiffre, l’impact quantitatif passant avant le qualitatif au sens premier du terme) ;
(b) soit un contenu de qualité est considéré comme tel par la valeur de son information.
Les deux peuvent se retrouver parfois. Il n’en reste pas moins que tout ceci est très subjectif et dépend de nombreux paramètres qui pèsent dans la balance de vos objectifs.

Un contenu utile ? C’est un contenu qui a de l’intérêt. Lycée de Versailles d’ailleurs, on pourrait dire qu’un contenu intéressant est un contenu utile…
C’est un contenu qui va apporter quelque chose aux lecteurs. Mais pas forcément la même chose à tout le monde, ni de la même façon ; la valeur d’un contenu est à différents degrés.

Intérêt minimum : que le visiteur passe un moment agréable, sans ressentir qu’il perd son temps.

Intérêt maximum : que le visiteur reparte avec une information qu’il est content de savoir (ou qu’il savait déjà, mais qui le conforte) et/ou qui lui apportera une réflexion ou une réponse par rapport à sa propre activité et/ou, cerise sur le gâteau, une information qu’il partagera.

Nota : un contenu peut simplement faire sourire, faire rire, faire plaisir, faire réfléchir, rendre triste ou dubitatif, faire réagir, bref, toutes les réactions sont permises.

Qualités possibles pouvant caractériser un contenu :
original, informatif (du plus simple renseignement jusqu’au scoop), drôle, provocateur, explicatif, vendeur, partageur, riche d’exemples, revendicatif, analyste, bien écrit…

Dans ce flux continu et exponentiel d’informations venant grossir le Web chaque jour, qu’est-ce qui fait la différence d’un article par rapport à un autre ?
C’est justement la qualité, c’est-à-dire la valeur de son intérêt.

Or, ici, SEUL le visiteur-lecteur peut en juger, en ce qu’il conviendra à la fin de sa lecture que l’article lui aura apporté quelque chose.
Ne pas perdre son temps, apprendre, s’informer, se renseigner, savoir, réfléchir, argumenter, se former, jouer, acheter, rencontrer…, des millions d’internautes surfent pour des raisons diverses, à la recherche de données qui les satisferont.
Il peut s’agir d’une seule phrase qui sera venue apporter de l’eau au moulin d’une réflexion, ou bien d’un lien renvoyant à un contenu « miraculeux » (= encore plus intéressant).
La notion de valeur est donc très subjective.

Autant dire que si l’on souhaite apporter quelque chose aux futurs récepteurs, l’émetteur (le rédacteur) doit savoir à qui il s’adresse…

file0001513888393Cible à prendre au sérieux

Le rédacteur ne doit jamais oublier qu’il n’est pas seul au monde, qu’il écrit toujours pour autrui et qu’il doit avoir cet « autre » à l’esprit du début à la fin de sa rédaction.
Devant se le représenter (ou en tout cas en avoir une idée), il est donc impératif que chaque phrase qu’il tape soit sous-tendue par une capacité à se mettre à la place de l’autre. Empathie et psychologie sont par conséquent de rigueur, en plus du fait de maîtriser à la fois son sujet, sa façon d’écrire et les règles de la langue utilisée. Il s’agit de faire comme si le rédacteur était lui-même lecteur : « Qu’est-ce que j’aimerais lire ? »

Mais en dehors du champ marketing – où les vendeurs d’un produit connaissent en général assez bien le profil de leur clientèle habituelle ou de celle qu’ils visent –, définir une cible peut se révéler difficile.
En effet, on peut écrire pour plusieurs profils différents, le spectre étant très large, allant de pour tout le monde à pour soi. Les blogs personnels par exemple montrent souvent un journal intime plein d’autosatisfaction, centré sur la vie de son auteur : on écrit alors pour le plaisir.
Entre ces deux extrêmes, on sait que selon le thème abordé, le profil des lecteurs qui passeront par là sera plus ou moins le même ; on parle alors de « communauté » de « famille », de « tribu ». Mais il peut aussi y avoir deux ou trois profils de cibles différents dans un même lectorat, ce qui peut parfois rendre la rédaction plus complexe.

Et quand bien même on fait ce qu’il faut, on ne maîtrise ni son lecteur ni sa réaction au moment où il découvre un contenu, quelle que soit la forme de ce dernier. Une chose est sûre : on écrit parce que l’on a envie ou besoin de transmettre, de partager une information. Dans cette démarche, on respecte l’autre. Si on le respecte, alors le contenu offert doit être de qualité ; d’où la nature potentiellement pléonasmique de la formule citée en titre.

Pourquoi offrir un contenu de qualité ?

  • Parce qu’un contenu « vide » ne sert à rien, n’apporte rien intellectuellement : il pollue la toile, prend de la place inutilement, encombrant au passage des datacenters déjà en surchauffe et écologiquement discutables pour la planète.
  • Parce qu’un contenu pauvre est contre-productif.
  • Pour l’information.
  • Parce que la médiocrité dessert à la fois les humains et le développement de la société.
  • Parce que le but est quand même de satisfaire ceux qui tomberont sur votre contenu.
  • Parce qu’il peut finir par être bien référencé.
  • Parce que on impact rejaillit aussi sur l’image de son auteur.

Nature et destin d’un contenu de qualité

La notion de « qualité » est ambiguë

Qui peut qualifier un contenu si ce n’est celui qui en aura retiré quelque chose de positif ?

Si vous rédigez un contenu que vous considérez comme de qualité (selon votre propre définition de la chose), par exemple une longue réflexion sur un sujet pointu, celle-ci sera peut-être lue par seulement deux ou trois personnes soit parce que votre blog n’est pas connu, donc peu fréquenté, soit parce que le référencement de votre article sera resté comment dire… intimiste (ou au bord de l’autoroute de l’information si vous préférez).

Or, votre article peut très bien avoir une seconde vie : trois mois, un an, voire deux ans plus tard, alors qu’un internaute passe par là et l’apprécie, le voilà qui le remet sur le tapis en en parlant, en le partageant. Un article qui dormait au fin fond de la toile peut très bien connaître un buzz en décalage avec la date de sa parution.

Inversement, un contenu sans plus de qualité que l’information brute qu’il véhicule pour vendre un produit ou un service, peut très bien exploser en termes de nombre de lectures et de buzz, puis être aussitôt oublié (un clou chasse l’autre…) et terminer au cimetière des éphémères. C’est en fait son « buzz » qui aura marqué mais pas forcément la qualité intrinsèque de son contenu (en général assez pauvre en matière de marketing publicitaire d’ailleurs).

C’est ce qui fait la « magie » d’Internet, et surtout son grand mystère. On voit bien ici que, même si l’on essaie de tout calculer, la vie et le destin d’un contenu restent aléatoires. S’il y avait une recette pour séduire les algorithmes de Google, cela se saurait. Mais…

Panda traque le contenu de qualité par le bon bout

La définition originelle de « qualité » a été dévoyée par l’appel de la technique et les algorithmes mis en place par les moteurs de recherche. Le mot juste qui prévalait autrefois pour magnifier une prose a perdu de son intérêt, remplacé par le mot-clé qui sera repéré…

Ainsi, bien rédiger tout en utilisant les mots-clés ad hoc – pas forcément les plus jolis ou adaptés au style – servant un hypothétique SEO, et tout en pensant à ses futurs lecteurs, est un équilibre sur trois axes assez rare à trouver. (J’ai expliqué l’an passé ce que je pensais sur la question du contenu et du SEO).

La plupart des référenceurs n’ont pas la même vision du terme « qualité » en ce qui concerne le contenu web : les objectifs ont changé et jusqu’à il y a peu (la tendance est heureusement à nouveau en train de changer), seuls les liens pointant vers le site, action appelée linkbaiting (la pêche aux liens) étaient encensés et recherchés au détriment du fond, de même que le backlinking (liens retour) et le netlinking (échanges ou achats de liens hypertextes, et pêche aux backlinks…) ; c’est l’aspect (b) de mon premier paragraphe.

En réalité, tout dépend de ce que vous souhaitez faire de votre contenu

S’il est voué au marketing et au buzz, alors l’approche du référencement sera privilégiée, peu importe si le contenu est pauvre.

Si votre démarche est celle d’une réflexion plus longue, sans enjeux économiques au bout, et à destination d’un groupe de lecteurs avertis, alors l’approche privilégiera une rédaction classique, centrée sur un sujet fourni et bien écrit (de manière naturelle).

Selon les objectifs de celui qui écrit, un contenu ne sera pas travaillé de la même manière, même si le but commun est quand même d’être lu.
Comme la célèbre phrase lancée au Capitaine Haddock « dormez-vous la barbe en dessous ou au-dessus de la couverture ? », même si on a confiance dans l’intérêt de son sujet pour le lecteur, la question essentielle reste : dois-je rédiger pour plaire aux internautes ou pour plaire aux moteurs de recherche ? À vous de choisir la réponse pour pallier ce dilemme.

Conclusion

Vous l’avez compris, quelles que soient les interfaces, quels que soient les supports (numériques ou non) utilisés pour transmettre une information (donnée, actualité, publicité, réflexion nourrie, etc.), la valeur de l’information véhiculée est déterminée par celui qui le reçoit. Vous aurez beau faire votre maximum, dès publication, l’impact est quelque chose qui vous échappe.

Autrement dit, on ne peut pas vraiment affirmer qu’un contenu de qualité soit un pléonasme avant qu’il n’ait satisfait au moins un lecteur… C’est lui qui juge. Un contenu doit peut-être apporter un RSI, mais au bout, c’est l’internaute le vrai roi qui tranche… Cela dit, essayer de faire en sorte qu’un contenu de qualité soit un pléonasme à chaque fois est un bel objectif !

+Anne Ropion