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Typographie : une histoire de pays

ghilimele_corecteChaque langue possède ses propres règles typographiques, notamment en matière de ponctuation.
Mais sait-on que celles qui font le plus exception sont les règles françaises ?
Étonnant quand on observe que visuellement, elles offrent une meilleure lisibilité.

Quelles sont les différences ?

Des règles typo à gogo

Que ce soit clair : il n’existe pas vraiment de règles typographiques internationales (sauf à utiliser l’Espéranto). Chaque pays à ses propres codes !

Règles françaises

La ponctuation a une logique ; il faut juste la connaître.
L
e français compte 14 caractères de ponctuation :

7 signes principaux :

           .      point
           …   points de suspension
           ,      virgule
           ;     point-virgule
           :     deux-points
           !     point d’exclamation
           ?    point d’interrogation

7 signes secondaires :
           ( )   parenthèses
           [ ]  crochets
           « » guillemets
               trait d’union (mots composés)
–    tiret moyen (office de parenthèses)
—   tiret long (dialogues)
mmm ‘   apostrophe

> Attention : ne pas confondre le tiret (moyen) avec le trait d’union (plus court).
> Attention : les guillemets « » dits français sont utilisés pour des citations ; les guillemets ‘ ‘ dits anglais sont utilisés pour le reste. NB : on les utilise aussi pour entourer une deuxième citation, à l’intérieur d’une citation.
> On dit « une » espace.
> Séparés du texte, par une espace avant et après :
;    :    !    ?    « »   – —
> Collés au texte qui précède, avec espace uniquement après :
.    ,
> Collés au texte, sans espace après le premier signe (celui qu ouvre) ni avant le second signe (celui qui ferme) :
( )   [ ] ‘ –

Règles anglo-saxonnes 

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Les accents, les enjoliveurs du français écrit

têtedaccentAprès la question du trait d’union, je voudrais revenir sur les accents de la langue française. On connaît les deux accents, aigu et grave, qui parsèment nos textes (moins les SMS… mais passons). Or, c‘est à force de voir l’accent circonflexe malmené que j’ai décidé de me pencher dessus. Son copain, le tréma, qui n’a rien à voir et qui est moins utilisé, fait également partie du lot. D’où viennent-ils, qui sont-ils, et surtout où se mettent-ils ? Pour répondre à cette dernière question, je viens de terminer un petit dico sur deux accents que l’on oublie trop souvent.
Cadeau !

Accent aigu ou accent grave ?

Petit rappel

Ces deux accents distinguent la lettre e.
L’accent aigu, c’est bien sûr celui qui monte vers la droite (vers le ciel ou les aigus comme vous voulez).

L’accent grave, c’est bien sûr celui qui descend vers la droite (vers la lettre). La particularité de ce dernier est qu’on le trouve aussi sur la lettre u lorsqu’il s’agit d’une idée de lieu (où sont-ils passés ?, la ville d’où je viens), ainsi que sur la lettre a lorsqu’elle celle-ci est une préposition et non la conjugaison du verbe avoir.

Bizarrement, à la prononciation d’un accent aigu sur un e, le son ouvert [AI] fait davantage monter le son de la voix dans les aigus, à l’inverse du son [ET] de l’accent aigu sur un e, dont le son émis par la voix est plus « grave ».

Question

Écrit-on événement ou évènement ? Les deux sont corrects (c’est l’Académie française qui le dit). Personnellement, je préfère le premier car l’on prononce plus facilement « événement » à l’oral, et même à l’écrit, on le raccourcit souvent en « évé ». En pub ou en marketing, je n’ai jamais vu quelqu’un écrire en note « évè ».

Origine

Pourquoi écrit-on forêt, hôpital et pas hopital, etc. ?
Le français comme vous le savez provient de manière conséquente du latin. En vieux français, on écrivait autrefois hospital ou hostel. « Hôpital » vient donc du latin hospitalia (chambre pour les hôtes, hospice). Le s a sauté et est devenu accent circonflexe. Tout comme « fenêtre » vient du latin fenestra… Concernant la forêt, il suffit de penser à forestier. Et pour « château » alors ? Eh bien là encore, il vient du latin castellum… On pense à castel… (castle en anglais).

Pour le tréma, c’est plus simple : prenez le mot « mozaïque », sans l’accent, on lirait [mozèque] ; cela permet de bien détacher les deux lettres a et i afin de les prononcer toutes les deux, obtenant donc deux sons syllabiques ou lieu d’un.
Pour en savoir plus.

Les accents sur les CAPITALES, c’est capital !

Pourquoi DOIT-ON METTRE tous les accents sur chaque capitale qui en possède un ?
D’abord parce qu’il n’y a pas de raison que ces lettres les perdent en route.
Ensuite parce que, visuellement, cela facilite la lecture quand on sait que des lignes en capitales se lisent moins bien qu’en minuscules. C’est donc plus confortable et plus sûr…
Visibilité = Lisibilité.

Exemple de titre que l’on pourrait lire dans la presse (laquelle les oublie régulièrement) :
LE TRADER ARRETE, LE BANQUIER GRILLE.
On ne sait pas si « Le trader arrête, le banquier grille » ou « le trader arrêté, le banquier grillé. » Ce qui, vous en conviendrez, n’est pas tout à fait la même chose, que ce soit pour l’un ou pour l’autre des deux complices…

Oubli le plus fréquent : l’accent grave sur le A dans l’onglet À PROPOS dans le menu des sites web…

Nota Bene : la cédille doit également être apposée sur une capitale, parce que :
BESANCON, ce n’est pas BESANÇON ;
dans UN MACON QUI VOUS NETTOIE VOTRE TUYAU, on peut imaginer tout et son contraire… (je sais, en ce mois de novembre c’est plutôt Beaujolais !).

+Anne Ropion